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Nouvelles de chez Benjamin

samedi 15 mai 2010

Je viens un peu vous donner des nouvelles de l’exploitation à une semaine de la reprise des distributions. Le temps a encore joué contre nous cette première décade de mai, comme c’est le cas depuis la reprise théorique des travaux du sol au mois de janvier.

Reprenons : 38 jours de pluie fournissant 320 mm pour le premier trimestre (normale : 22 jours et 200mm). Ajoutées à cela, les températures basses ont causé un démarrage de la végétation vivace très tardif (retard de trois semaines), et les travaux du sol sont restés impossibles ou réalisés en mauvaises conditions pour la mise en place des premières cultures (pas de travail profond possible, "malaxage" de la terre créant des mottes dures, "lissage" sous la couche travaillée etc...). Puis est survenu le mois d’avril, heureusement plus sec que les mois précédents. Mais sur quelques parcelles, l’eau tombée tout l’hiver n’a pas permis un ressuyage suffisant pour des préparations en bonnes conditions. Sur les autres parcelles, j’ai pu rattraper le retard sur la deuxième quinzaine d’avril, si bien que le 30, tout était prêt pour les grosses plantations de début mai (tous les légumes d’été sensibles au froid). Après une première quinzaine froide (il a gelé 8 jours, les températures avaient atteint les -3°), le printemps semblait s’être installé, la terre se réchauffait, les légumes plantés en mars poussaient à vue d’oeil après un mois difficile, le paysan était content, il avait pu rattraper le retard en mettant les bouchées doubles...

La suite, vous la connaissez, c’est cette première décade de mai comme on en avait pas vu depuis 25 ans : 10 jours de pluie sur 10 jours, 116 mm tombés, dont 48 mm en quelques heures le 8 mai, les nappes déjà bien remplies par les pluies hivernales qui dégorgent leur trop-plein, donc des inondations, des parcelles déjà plantées ou semées qui se retrouvent sous l’eau, et la parcelle destinées aux melons inondée au 3/4, donc inutilisable pour plusieurs semaines (voir photos ci-dessous). En plus des températures maximales moyennes d’une mi-mars (à peine 16° sur 10 jours !!), et même une petite gelée le 6. Effets directs : pourrissement des semences déjà en place (potimarrons, haricots), retard sur les plantations et donc sur les récoltes. Effets indirects : risque accru de maladies dues à l’humidité et à l’asphyxie des racines, mauvais développement des plantes , perte d’investissement (engrais, plastiques de paillage, goutte à goutte, temps et carburants du tracteur...) sur les parcelles déjà équipées, et qui resteront tassées par la stagnation de l’eau pendant plusieurs jours. Je vous joins quelques photos révélatrices prises le 10 mai, 2 jours après le gros orage. Tout cela porte un coup au moral, même si on est obligé de surmonter, parce que il faut rattraper le retard, planter, semer, biner et pas regarder derrière. Heureusement, il y a aussi des réussites comme les légumes en tunnel qui se portent à merveille. néanmoins, vous comprendrez que les premiers paniers souffrent du printemps exceptionnellement pourri qui nous accable. En espérant que la suite de la saison soit plus clémente...

Benjamin

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parcelle melon pastèques, melon hiver
Cette parcelle de 6000m² est inutilisable aux 4/5 pour plusieurs semaines.
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parcelle melon pastèques, melon hiver
le lac
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parcelle melon pastèques, melon hiver
le ruisseau de surverse du lac formé sur la parcelle
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les pommes de terre

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les potimarrons
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les potimarrons