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Bilan Benjamin

lundi 6 février 2012

Salut à toutes et à tous,

Comme promis, je vous envoie un petit mot depuis notre marina de La Barbade où nous savourons la moiteur molle du farniente au bord de la piscine à débordement. Pour moi, les vacances, c’est au moins 8000 bornes pour ne rien faire !

Bon plus sérieusement on est en hibernation quasi-totale, la neige tombée mardi peine à fondre, il neigeote tous les jours et la terre est gelée sur une bonne épaisseur... Heureusement que nous n’avons plus de cueillettes pour les paniers !!

A la maison, le temps est donc au bilan et aux previsions. L’année 2011 a été plutôt bonne malgré un temps chaotique : fin d’hiver pourrie, printemps chaud et sec, été pluvieux, automne caniculaire, pluies diluviennes début novembre, hiver doux et sec et depuis une semaine froid glacial !!! Les plantes y ont perdu leurs repères et nous avec ! Les décalages de production ont été nombreux, surtout en début d’été, et nous avons eu des pertes significatives suite aux inondations de novembre. Cependant, les productions ont été abondantes toute l’année, avec moins d’échec que les saisons précédentes.

Quand même quelques ratages : les cultures en tunnel qui ont souffert du manque d’eau (retard sur l’équipement du forage sur cette parcelle...) ; les pastèques et une partie des melons picorés par les corneilles et corbeaux (les clôtures électriques, ils s’en foutent !) ; les patates douces au feuillage abondant mais aux racines rares et grêles ; le raisin victime du mildiou en juillet,de l’oïdium en aôut et des pourritures acides en septembre ; les épinards, la roquette, les choux fleurs et choux verts pourris par les inondations ; et pour finir une des parcelles de poireaux dévorée par les moutons du berger fin novembre. Et de mon fait, une pénurie régulière en salades et en courgettes...C’est le lot habituel des manques à la production, entre ravageurs, aléas climatiques et erreurs humaines...

Par contre, on a eu de beaux succès : les fraises, des carottes en continu de début juin à fin janvier, des pommes de terre en abondance, des courges peut-être plus qu’il n’en fallait, l’ensemble du jardin d’été (à part les courgettes), et touche d’espoir pour l’avenir, nos premières pêches, succulentes ! Il y a même eu des haricots plats et des cocos dans les paniers !! (ce qui représente pour un seul produit énormèment de main d’oeuvre).

Je rappelle que ces aléas sont pour certains théoriquement évitables, mais que les ratages en maraîchage diversifié, surtout en bio, font partie du jeu. A défaut d’avoir une main d’oeuvre pléthorique pour tout suivre, (cueillettes, plantations, désherbage) on est malheureusement souvent contraint de faire vite, surtout l’été où les semaines sont très chargées. De plus, ma main d’oeuvre n’a pas d’expérience, et cet été même pas le permis pour deux d’entre elles, ce qui m’oblige à faire toujours tous les travaux spécifiques moi-même (travail motorisé, mise en place de l’irrigation, livraisons, plus quand même cueillettes et plantations !). Et embaucher plus a un coût que nos maigres marges ne peuvent supporter. En fait, j’en fais le plus possible, souvent jusqu’aux limites de l’épuisement pendant 5 mois non-stop, sans un jour de repos, et les employés viennent en complément : j’embauche un minimum, et par conséquent j’encaisse seul les accoups de travail ; d’autant plus cette année que Marion était enceinte et que son aide précieuse s’est donc faite évidemment plus rare.

Parallèlement, la famille et des amis nous soutiennent et nous permettent de ne pas nous faire plumer par les "professionnels" : exemple un voisin mécano à ses heures m’a réparé l’embrayage du tracteur pour le prix des pièces, soit 150E, là où les garages agricoles de Brignoles m’auraient pris 2300E HT. Idem pour installer un compteur sous le poteau EDF sur une parcelle : l’éléctricien contacté me prenait 1900E HT !!! Super-voisin l’ a fait gracieusement, j’ai du payer 200E de fournitures... Ces deux exemples démontre comment une petite exploitation peut très facilement se retrouver en déficit si on ne veille pas en permanence à trouver des solutions d’économies. C’est la seule solution pour tirer un bénéfice de notre travail annuel. Grâce à cela et à votre engagement à vous Amapiens, et pour la troisième année consécutive, j’ai pu investir encore un peu et tirer un bénéfice net de 14 000 euros ( pour 66 000 de chiffre d’affaires HT), ce qui n’est pas un revenu (je ne me verse pas de salaire), mais constitue une trésorerie pour l’entreprise. En effet, les années à venir s’annoncent encore chargées en investissements, car nous devrions enfin construire un hangar, le permis étant en préparation.

Enfin la naissance de notre fils Baptiste le 3 Décembre restera pour nous le moment mémorable de cette année. Je vous envoie quelques photos en pj de la petite merveille. Merci à tous ceux qui ont témoigné leur sympathie lors des distributions, et qui se sont cotisés pour Baptiste ou qui lui ont offert quelque chose ! On en attendait pas tant ! Merci encore.

Pour revenir à nos légumes, voici les perspectives pour 2012 : la saison devrait commencer comme d’habitude fin mai et le prix du panier reste inchangé. Côté production, les serres seront plus opérationnelles qu’en 2011, donc les productions un peu plus précoces au printemps et surtout plus variées l’hiver prochain. Les fruits seront je l’espère plus nombreux, bien que ce grand froid alors que les mouvements de sève étaient amorcés risque de compromettre les récoltes des espèces les plus fragiles (pêchers en particulier). Sinon rien de neuf à prévoir, on va essayer de mieux assurer sur les salades l’été, côté nouveautés à prévoir : choux-raves, et retour des céleris-raves et des cardes pour l’hiver suivant...

A bientôt

Benjamin CABOT